Le Lièvre et la Tortue

Vous connaissez sûrement la fable de Lafontaine où le lièvre, sur papier du moins, représente ce qu'il y a de plus rapide. Il décide par un beau jour, de défier la tortue dans une course à travers la forêt. La pauvre tortue, nargué par les autres animaux et voulant se sentir valorisé, sait qu'elle n'a pratiquement aucune chance de gagner cette course (à moins d'être transporté par un pélican, mais n'entrant pas dans de la pure fantaisie) mais elle accepte tout même de relever ce challenge.


Bon Dieu, pourquoi je vous parle de fables et de contes de fées, à l'aube d'un match crucial qui attend le Canadien ce soir contre les puissants Jets de Winnipeg? Et bein, justement parce que le Canadien représente la tortue de la division. Et pour gagner et se tailler une place dans les séries éliminatories, il devra se démarquer en excelllant dans d'autres facettes du jeu pour compenser leur lenteur, comme l'a fait notre chère tortue.


Pourtant, pendant ces dernières années, souvent remplient de plusieurs moments de décéption, le CH était reconnu comme l'une des équipes les plus rapides de la LNH.

Petit, manquant des francs-tireurs, le Canadien était perçu à tort ou à raison comme une équipe de cols-bleus qui travaillaient fort, pouvait faire mal paraitre leurs opposants avec leur coup de patin et qui comptait aussi sur un gardien de but élite.


Mais les temps ont changé. Les changements apportés ces dernières années (et ce depuis l'échange Weber Subban) ont eu pour but de grossir l'équipe, s'améliorer à la position de centre et (l'été dernier) d'ajouter des ailiers capable de "la mettre dedans".


Mais a-t-on perdu en cours de route cette identité d'équipe rapide? A la lumière de ce qu'on voit cette saison, probablement. La défensive est une des plus lentes de la ligue et les Toffoli, Perry, Suzuki, Gally, Tatar, et KK n'ont rien d'une lièvre de forêt. Ce manque de vitesse est particulièrement évident lors des séquences de jeu à 3 contre 3 et 4 contre 4.


La version 2021 du Canadien devait se forger une autre identité, basé sur le caractère et l'équilibre en ayant quatre bonnes lignes d'attaque, ainsi que de la profondeur à la défense. Or, le moins que l'on puisse dire est qu'on demeure sur notre appétit depuis 3/4 semaines.


Pour vraiment être capable de faire des dommages dans les semaines à venir, le CH devra vraisemblement s'améliorer dans trois domaines spécifiques.


Premièrement, sur ses unités spéciales. On commence déja à voir une nette amélioration à cet égard depuis le changement d'entraineur. Deuxièment, ils devront progresser dans leur jeu de transition. Pour ce faire, il est impératif que Romanov grimpe dans la hiérarchie des paires de défenseurs, étant le seul avec Petry à pouvoir relancer et supporter les attaquants. Et finalement, la troupe de Dominique Ducharme devra démontrer plus d'acharnement dans leurs batailles le long des rampes; des vétérans comme Shea Weber, Armia et Tomas Tatar devront montrer plus de hargne.


Et donc tout n'est pas perdu pour cette tortue, il lui reste quelques moyens de s'adapter. Mais pour gagner sa course (aux séries éliminatoires), elle devra s'ajuster, démontrer plus d'intelligence, de discipline et de constance, et, on l'espère, être occasionellement sous-estimé par les puissant lièvres de sa division. Sinon le moral de l'histoire sera qu'on doit jamais se fier aux fables et aux contes connus.




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