Crise d'identité chez le CH

Au cours des dernières années, le Canadien avait une identité claire et nette à travers la Ligue Nationale: équipe rapide, composée de travaillants acharnés. Petit et frêle? Certes. Défensive douteuse et manque de finition à l'attaque? Définitivement. Mais on ne pouvait les laisser patiner, leur donner trop d'espace dans la zone neutre, sinon on risquait de se faire brûler par cette équipe.


Or, cet été, Marc Bergevin (que je surnomme affectueusement "Popeye") a choisi d'aller magasiner, de profiter de la covid, du fait que certaines formations étaient moins enclins à dépenser, pour se trouver des aubaines. Tyler Toffoli, Joel Edmundson, Corey Perry se sont greffés à l'équipe (de même que Josh Anderson et Jake Allen). On s'est assurément grossis à l'épinard, notamment en défensive et on a ajouté du talent sur les ailes de poulet. Mais est-ce que ces ajouts étaient suffisants? N'aurait-il pas fallu aussi toucher au noyau, vieillisant et composé principalement de joueurs dont le coup de patin n'avait rien des Flying Frenchmen?


Prenons le cas de Joel Edmundson. Aucun doute, il connait une bonne saison. Mais est-il réellement un bon complément à un quatuor qui inclut Shea Weber et Ben Chiarot? (As t-on au fait mis le Chiarot devant le boeuf?). Le CH n'avait-il pas plutôt besoin d'un défenseur offensif, mobile, capable de transporter la rondelle et bien alimenter ses attaquants? Bergevin voulait se doter d'une défensive physique, méchante et capable de protéger le bon vieux Carey (qui dépérit à vu d'oeil) mais jusqu'à date il est clair que cette brigade défensive, qui aurait sans doute eu du succès dans le hockey des années 90s, se retrouve dépassée et incapable d'assurer le jeu de transition rapide qui les caractérisait ces dernières années. Certaines méchantes langues dirait même qu'à part la recrue Romanov, cette défensive n'est ni physique ni bonne dans sa propre zone. On pourrait même rajouter (les très, très sales et méchantes langues) que les gardiens du CH ont vu plus de congestion devant leurs filet cette saison que ce qu'on retrouve autour de l'Arc de Triomphe durant l'heure de pointe...


Le problème (ok L'UN des problèmes car il y en a plein- j'en parle lors de mon prochain article sur les 9 années d'échec de Bergevin et Timmins) est que le Canadien n'a pas d'identité. Ils ne sont ni parmi les plus rapides, ni parmi les équipes les plus talentueuses de la ligue. Ils sont parmis les plus faibles au centre, et ils ne sont certainement pas les plus physiques ou les plus gros. On pourrait même leur enlever l'étiquette d'équipe travaillante et fatiguante à affronter. On est loin d'une colonie de fourmis....(peut-être aurais-je du nommer cet article La Cygale et la Fourmi?)


Une chose demeure clair dans mon ésprit: Marc Bergevin semble improviser, d'année en année. Se rajuster "on the fly" comme on dit en anglais. Des nouveaux plans interminables, une vision qui change trop souvent, voir même qui est dépassée.


Nul doute qu'il a effectué d'excellentes transactions au fil des années (quoique certaines ont été douteuses, notamment celle impliquant Drouin et Sergachev), mais il semble y avoir une incapacité de trouver le bon mélange, l'équilibre nécessaire pour créer une équipe championne. Les pièces sous-jacentes peuvent êtres bonnes, individuellement, mais encore faut-il qu'il y ai une synergie, une complémentarité entre ces pièces, un ensemble qui fonctionne. Or, sur ce point, pour le DG du Canadien, il apparait que l'arbre semble vraiment cacher la forêt....



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